- Biographie automobile: CITROËN
- Biographie automobile: MERCEDES
- Biographie automobile: TOYOTA
- Borsalino (chapeau en feutre)
- Clémentine (mandarine sans pépins)
- Daniel Gabriel Fahrenheit (graduation thermométrique)
- Dolomite (minéral du groupe des carbonates)
- Dr. Earle Cleveland Haas (les tampons Tampax)
- George Crum (les chips)
- Granny-smith (pomme d’une variété à peau verte et à chair ferme)
- La barrière Nadar (barrière utilisée pour tenir la foule à distance)
- La loi de Murphy (Tout ce qui est susceptible de tourner mal, tournera nécessairement mal)
- La madeleine (petit gâteau en forme de coquille fait de sucre, de farine, de beurre et d’œufs)
- Laszlo Biro (le stylo à bille)
- Margerete Steiff (1847-1909)
- Qui sont donc Dow et Jones qui ont donné leur nom à l’indice Dow Jones?
- Scott E. Fahlman (l’histoire des smileys)
Clémentine (mandarine sans pépins)
d’après le père Clément (1839 Chambon – 1904 Misserghin)
Le père Clément, de son vrai nom Vital Rodier, est né dans le département du Puy-de-Dôme. Vers 1860, il entra dans la Congrégation des Pères du Saint-Esprit. C’est là qu’il devint le père Clément. Son ordre l’envoya en tant que missionnaire en Algérie, où il se retrouva à Misserghin, à une quinzaine de kilomètres au sud d’Oran. Il y consacra sa vie entière dans l’école agricole et à l’orphelinat local. Le travail ne manquait pas dans la pépinière (20 ha) et les vignobles (35 ha). Il y introduisit des centaines d’arbres feuillus, d’arbres fruitiers ou d’arbres d’ornement. Il constitua par ailleurs une incroyable collection de roses dont environ six cents étaient extrêmement rares. Aucun arbre n’était planté sans l’approbation du père Clément, c’est ce qu’affirma plus tard un de ses confrères.
Bien qu’il n’ait jamais suivi de formation bien spécifique, le père Clément devint par la force du travail et de l’expérience une véritable autorité en la matière. On raconte qu’il était un guide ambulant de toutes les plantes que l’on pouvait rencontrer en Algérie. Il nota très soigneusement ses innombrables expériences dans des cahiers et fit de même, pendant une quarantaine d’années, pour la température moyenne et les précipitations à Misserghin.
La clémentine elle, vit le jour en 1892. On ne sait pas vraiment comment. Il se peut que le père Clément y ait consacré quelques écrits, mais les archives de l’ordre ne sont guère accessibles au public. Un journaliste de L’Echo de l’Oranie s’informa en 1974 auprès des pères et de la population locale. On lui raconta deux histoires différentes. Selon la première se trouvait, au bord d’un oued, à l’extrémité de la propriété des pères, un arbre sauvage parmi des épines. Il ne s’agissait ni d’un mandarinier, ni d’un oranger. Les fruits étaient d’un rouge un peu plus vif que les mandarines, leur goût était excellent et ils n’avaient pas de pépins. C’est ce qu’avait raconté à l’époque le jeune Arabe qui les avaient découverts. Le père Clément savait mieux que tout autre comment il devait cultiver le nouveau fruit. Plus tard, ce sont les jeunes orphelins qui, selon la première version de l’histoire, ont donné le nom de ‘clémentine’ au nouveau fruit. Une histoire quand même un peu miraculeuse, n’est-ce pas?
Un homme âgé, lui-même né dans la propriété, raconte que le père Clément eut une idée après avoir observé une abeille qui volait d’un oranger à un mandarinier pour collecter du pollen et du nectar. Le père maria alors le pollen d’un oranger à la fleur d’un mandarinier, ce qui donna naissance à la clémentine.
Quoi qu’il en soit, le père Clément était un expert. Pourquoi n’aurait-il pas expérimenté pendant de longues années? La Compagnie Agricole d’Alger attendit encore plus de dix ans avant d’attribuer l’appellation clémentine au nouveau fruit. Presque immédiatement, des pieds-noirs (coloniaux français en Afrique du Nord) se hâtèrent d’importer le fruit en Corse. Depuis lors, les Corses considèrent la clémentine comme un de leurs propres produits. Ce n’est qu’en 1924 que la clémentine fit son apparition à Paris.